Catherine Ringer, l’ultime flamboyance des Rita Mitsouko
Catherine Ringer s’est éteinte dans la nuit du 14 au 15 septembre 2026, à l’âge de 68 ans, emportée par un cancer foudroyant. Avec elle disparaît l’une des voix les plus singulières de la chanson française, une artiste qui, pendant près d’un demi-siècle, aura refusé de choisir entre rock, théâtre, poésie, provocation et liberté.
Illustration : © Wikipedia Commons
Une histoire familiale marquée par le judaïsme
Née en 1957 à Suresnes, Catherine Ringer grandit dans une famille d’artistes. Son père, Sam Ringer, était un peintre juif polonais, survivant de la Shoah après avoir connu neuf camps de concentration. Cette histoire familiale a profondément marqué la chanteuse. Sans avoir reçu une éducation religieuse stricte, elle a évoqué à plusieurs reprises une identité juive davantage vécue comme une mémoire, une culture et une manière de penser que comme une pratique religieuse.

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Chez Ringer, cette mémoire s’inscrivait ainsi dans une histoire intime, celle d’une famille européenne meurtrie par la guerre, mais aussi dans une certaine conception de la liberté et du questionnement. L’artiste a toujours cultivé une relation personnelle et discrète à ses origines, loin des assignations identitaires.
Avec Fred Chichin, l’aventure Rita Mitsouko
En 1979, une rencontre va bouleverser sa vie. Alors qu’elle participe à une comédie musicale expérimentale, Catherine Ringer croise le guitariste Fred Chichin. Ils deviennent rapidement partenaires artistiques et amoureux. De cette rencontre naissent les Rita Mitsouko, d’abord sous le nom de Rita Mitsouko, puis Les Rita Mitsouko.

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Leur musique échappe à toutes les catégories : rock, punk, funk, new wave, chanson française et influences venues du monde entier se mélangent dans un univers aussi sophistiqué que débridé. En 1985, « Marcia Baïla » les propulse au sommet. Suivront « Andy », « C’est comme ça » ou « Les Histoires d’A. ». Catherine écrit, chante et incarne sur scène un personnage immédiatement reconnaissable ; Fred façonne les arrangements et le son. Pendant près de trente ans, ils forment un véritable laboratoire musical à deux.
Continuer après Fred
Le 28 novembre 2007, Fred Chichin meurt à 53 ans. Pour Catherine Ringer, c’est la disparition de son compagnon, du père de leurs trois enfants, mais aussi de son alter ego musical. Pourtant, elle refuse de laisser leur œuvre disparaître avec lui.
Dès 2008, elle remonte sur scène et reprend le répertoire des Rita Mitsouko. En 2011 paraît son premier album solo, Ring n’ Roll, suivi en 2017 de Chroniques et Fantaisies. Elle multiplie également les collaborations, notamment avec Eduardo Makaroff et Christoph H. Müller au sein de Plaza Francia, et continue d’explorer le théâtre, le cinéma et la chanson.

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En 2019, elle célèbre les quarante ans de sa rencontre avec Fred lors d’une tournée consacrée à l’univers des Rita Mitsouko, notamment avec son fils Raoul Chichin à la guitare. Elle continuera à se produire dans les années suivantes, encore en 2026, preuve d’un rapport à la scène qui n’aura jamais cessé.
Catherine Ringer est partie, mais son œuvre demeure. Et peut-être est-ce là le plus bel hommage à lui rendre : continuer à écouter, danser et s’étonner devant cette musique qui, comme elle, n’aura jamais accepté de rentrer dans une case.
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