« Désigné coupable », un film carcéral choc, qui ne vous laissera pas indemne
« Désigné coupable » raconte l’histoire vraie de Mohamedou Ould Slahi, un jeune homme Mauritanien, enlevé de son pays par les Américains et incarcéré à la prison de Guantànamo. Il est soupçonné d’avoir été l’un des acteurs des attentats du 11 septembre 2001, mais est détenu illégitimement, sans avoir eu aucun jugement ni inculpation. L’avocate Nancy Hollander et sa collaboratrice Teri Duncan vont tenter de lui venir en aide.
Des films de ce style, on en a déjà vu beaucoup, mais « Désigné coupable » tire vraiment son épingle du jeu, il s’agit d’une œuvre très forte, qui nous raconte une histoire vraie bouleversante, qui nous marque très profondément. Ce qui est intéressant, c’est que ce n’est pas l’innocence de cet homme dont il est question (même si celle-ci est quasiment certaine), c’est le fait qu’on puisse emprisonner quelqu’un pendant des années et lui faire subir les pires des tortures, sans avoir aucune accusation contre lui. On nous montre que l’Amérique ne respecte pas sa constitution, car chacun a le droit d’être défendu, même si la personne en question est suspectée de terrorisme.

© STX Films
Des personnages bien écrits et nuancés
C’est cela que cherche à démontrer l’avocate Nancy Hollander, qui se fait traiter d’amie des terroristes, car elle ose prendre la défense du personnage principal. Le film critique de façon très pertinente la paranoïa des États-Unis qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001. On cherche absolument à inculper cet homme, quitte à cacher des informations et le forcer à se confesser. Qu’il soit coupable ou non, on s’en moque, quelqu’un doit payer pour ça.
Il ne s’agit plus de justice, mais de vengeance. Le personnage de Benedict Cumberbatch va justement se retrouver devant ce dilemme moral. Il est en colère et cherche absolument à faire payer ceux qui ont tué l’un de ses proches, mais il va se retrouver face à l’injustice de la situation. Va-t-il choisir d’assouvir sa revanche ou de respecter la loi ? Le personnage de Mohamedou est très puissant, on s’implique directement dans son histoire et on est révolté et choqué par ce qu’il subit.

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Il est brillamment interprété par Tahar Rahim, qui s’investit énormément dans son rôle et rend son personnage extrêmement intense et attachant. Jodie Foster est excellente dans la peau de cette avocate, qui paraît très froide et dure, mais qui est en réalité très humaine et prête à tout pour rétablir la justice. Benedict Cumberbatch est également très bon dans le rôle de cet homme tiraillé entre son désir et son devoir. Certaines scènes sont vraiment très impressionnantes.
Je pense aux séquences où les tortures qu’a endurées Mohamedou nous sont révélées, qui sont très explicites et très perturbantes, mais nécessaires pour nous faire comprendre la situation et nous montrer que de telles horreurs se sont réellement produites. Je pense également au discours final de Mohamedou, qui est très émouvant.

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En conclusion « Désigné coupable » est une œuvre remarquable. Kevin Macdonald, qui nous avait déjà offert le superbe « Le dernier roi d’Écosse », nous livre une nouvelle fois un grand film, qui nous raconte une histoire vraie poignante. Les enjeux politiques et moraux que pose le film sont indispensables et traités avec une grande subtilité. On est totalement pris par le récit et par les personnages, qui sont intéressants, bien écrits et interprétés par des acteurs sensationnels. À voir.
Bande-annonce en FR:
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