Jurassic Park 3 : le mal aimé de la légendaire franchise ?
Je continue à rendre hommage au comédien Sam Neill en me penchant cette fois-ci sur le très clivant « Jurassic Park 3 ».
Il s’agit d’une œuvre assez étrange. Elle a été réalisée par Joe Johnston, le metteur en scène qui nous a offert entre autres l’excellent « Jumanji » et le, à mon sens, plutôt réussi remake de « The Wolfman ».
Pour la petite histoire, le cinéaste voulait réaliser le second volet de la saga « Jurassic Park » mais Steven Spielberg a refusé car il désirait tourner cette suite lui-même, cependant il a promis à Johnston que si un troisième volet devait se faire, c’est lui qui le mettrait en scène. Spielberg a tenu sa promesse et Johnston s’est retrouvé aux commandes de ce long métrage. Le problème c’est qu’il n’était clairement pas armé pour réaliser une œuvre de cette ampleur.

© Universal Pictures
La production fut chaotique. L’équipe a dû d’abord faire face à de nombreux incidents comme des destructions de matériels, mais surtout, les scénaristes n’arrivaient tout simplement pas à trouver une bonne idée de scénario. On commença même à tourner des scènes alors que celui-ci n’était même pas terminé.
Johnston a donc dû faire de son mieux pour mettre en scène un métrage cohérent avec un scénario même pas fini et en constante réécriture. Ce qui nous amène au plus gros problème de « Jurassic Park 3 », son histoire.
Une intrigue trop simple
L’intrigue du film est d’une incroyable pauvreté, le script pourrait tenir sur une feuille de papier toilette. Les deux premiers volets étaient des œuvres bien plus ambitieuses et de bien plus grande envergure qui tentaient vraiment de proposer un spectacle spectaculaire et mémorable.
Ce n’est pas le cas avec ce troisième film, on sent vraiment que le tournage ne s’est pas bien passé et que l’histoire a dû être écrite à la va vite. Le film est le plus court de la saga, il ne dure même pas 1h30 et il n’est principalement qu’une succession d’attaques de dinosaures. Ce n’est pas digne d’un « Jurassic Park »

© Universal Pictures
On nous introduit un nouveau grand carnivore, le spinosaure, l’une des rares idées du film, malheureusement il s’agit pour moi de l’une de ses faiblesses. Johnston voulait avoir une « nouvelle star » pour son long métrage, un dinosaure plus grand et plus fort que le T-rex. J’imagine les scénaristes assis autour d’une table qui se disent : « Bon, le T-rex, c’est dépassé, il nous en faut un encore plus grand et plus puissant. On va même remplacer le logo du film pour montrer que c’est notre dinosaure le meilleur.»
Bonjour la subtilité. Pour bien nous mettre ça dans le crâne, ils vont en plus nous faire un affrontement complètement raté entre le spinosaure et le tyrannosaure, qui va se conclure par la mort du T-rex. C’était difficile de faire plus lourd tout de même dans la manière de nous dire les choses. Puis le tyrannosaure, la mascotte de « Jurassic Park » qui se fait lamentablement tuer, c’est un crime.

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Scientifiquement parlant, c’est en plus de cela impossible. Le spinosaure était effectivement légèrement plus grand que le T-rex, mais il était principalement piscivore, c’est à dire qu’il se nourrissait essentiellement de poissons. Il s’agit donc d’un animal habitué à vivre dans un milieu aquatique. Il pouvait sortir de l’eau, mais la terre n’était pas son terrain préféré. Il était un peu comme un crocodile géant.
Même si les deux ne se sont en réalité jamais rencontrés car ils ne vivaient pas à la même époque et au même endroit, confronté à un tyrannosaure, il n’aurait eu aucune chance car celui-ci est un animal terrestre et il est bien plus habitué au combat, ses dents sont faites pour couper la chaire, celles du spinosaure n’ont pas du tout les mêmes fonctions car leur but est d’attraper du poisson. (J’ai une dent de spinosaure chez moi, je sais de quoi je parle).

La dent de spinosaure de la collection de notre collaborateur de Culturius © Jules de Foestraets
Ce ne sont pas les seules absurdités scientifiques qu’on retrouve dans le film. Ça n’en dérange pas certains, mais pour moi elles sont bien plus graves que celles qu’on retrouve dans les deux premiers. Il y a aussi la séquence de la volière qui est insensée. Les ptéranodons étaient également piscivores, mais eux s’apparentaient plutôt à de gros pélicans, ils n’auraient jamais attaqué avec autant d’agressivité.
Quelques incohérences et facilités scénaristiques
Comme autres défauts on pourra noter les petites incohérences, comme le fait que les protagonistes peuvent se poser sur l’île et faire du bateau à côté sans aucun souci, alors qu’il s’agit d’un site interdit. C’est tout de même étonnant que l’accès à un endroit aussi dangereux ne soit pas un minimum contrôlé.
Le fait que la végétation n’est pas du tout la même que celle du « monde perdu » et que les espèces qu’on voit sont différentes alors que les deux longs métrages se déroulent sur Isla Sorna. Ils ont justifié cela en disant que les événements des deux films se déroulaient à des endroits différents de l’île, cela reste tout de même un peu confus.
Le fait que ce bon vieux spinosaure parvient à retrouver constamment nos héros, à croire qu’il les suit avec un GPS. D’ailleurs il est également absurde qu’il se donne tant de mal à les attaquer partout sur l’île, étant donné qu’il restait en réalité, toujours à proximité des points d’eau.

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On se demande aussi pourquoi nos héros ne croisent presque seulement des carnivores sur leur route et très peu d’herbivores. Mais il y a aussi des qualités dans « Jurassic Park 3 » qui font que le film n’est pas vraiment un échec pour moi. Le traitement des raptors est vraiment intéressant et bien pensé, car même si le scénario est extrêmement bancal, ce point-là est plus sophistiqué que le reste. On se penche sur leur intelligence et leur façon de communiquer et cela fonctionne assez bien.
Les protagonistes sont assez sans intérêt, mais Alan Grant, interprété par le regretté Sam Neill, est de retour et cela fait plaisir. Le personnage a un côté blasé très drôle à voir et certaines de ses répliques sont excellentes. « Les pires choses inimaginables ont souvent été faites avec les meilleures intentions »
C’est très profond et très vrai comme citation, c’est étonnant de voir cela dans un film qui ne vole en général pas très haut. Évidemment, il est vraiment dommage que Grant ne soit plus avec Ellie et qu’il n’ait pas eu d’enfant avec elle, alors que c’était clairement ce qui était suggéré à la fin du premier.
Une mise en scène grandiose et des séquences d’attaques spectaculaires
Ce qui sauve « Jurassic Park 3 » de la noyade, c’est sa superbe mise en scène. Les scènes d’attaques sont vraiment saisissantes, efficaces et excellemment filmées. Johnston n’a pas voulu prendre de risque, il reprend tout simplement le style de Spielberg et le reproduit magnifiquement. Ces séquences sont prenantes et très bien réalisées, elles nous agrippent à notre siège.

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Elles sont peut-être moins impressionnantes qu’une scène comme la caravane au bord de la falaise dans « le monde perdu » car elles s’enchaînent plus vite et sont donc moins marquantes, mais elles demeurent tout de même très réussies. Ce qui fait que au moins, on ne s’ennuie jamais devant le film et on est captivé tout le long, ce qui est un bon point.
La séquence de l’attaque du bateau par le spinosaure est la meilleure, elle est très forte et spectaculaire (et réaliste en plus car elle se déroule en milieu aquatique). Les effets spéciaux sont excellents, le long métrage n’a pas pris une ride, alors qu’il a plus de vingt ans. Le spinosaure est visuellement très beau, son animatronique est l’une des plus incroyables que j’ai vu dans un film.
Un épisode qui n’est pas à la hauteur, mais loin d’être honteux
En conclusion « Jurassic Park 3 » n’est, malgré ses défauts, pas un désastre total. Il ressemble un peu à un téléfilm d’aventure qu’on passerait à la télévision le dimanche. S’il n’était que cela, il serait un divertissement honnête. Mais ce long métrage devrait être bien plus que cela, il fait partie de la saga « Jurassic Park » mais il n’en a absolument pas l’envergure.

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Nous sommes donc devant une œuvre moyenne, ni vraiment bonne, ni vraiment mauvaise. D’un côté le film est agréable à regarder et possède de magnifiques scènes d’attaque, mais de l’autre, il possède un scénario bien trop faible et des absurdités scientifiques et scénaristiques.
Cela reste en tout cas bien mieux que ce désastre qu’est la saga « Jurassic World ». Pour la petite anecdote, « Jurassic Park 3 » est l’un des tous derniers films à être sorti au cinéma aux États-Unis avant les attentats du 11 septembre 2001.
Bande-annonce FR :
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