« Pinocchio : Unstrung », c’est le nouveau film du Twisted Childhood Universe, (parfois simplifié en Poohniverse) dans lequel les icônes de notre enfance sont transformées en boogeymen. Quand certaines figures emblématiques de la jeunesse et notamment de Walt Disney sont devenues libre de droits, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que des studios opportunistes exploitent ce filon.

Plein de petits films d’horreur fauchés mettant en scène des Popeye meurtriers, ou encore des Steamboat Willie psychopathes, ont déboulé sur nos écrans ces dernières années. C’est le studio Jagged Edge Productions qui a initié cette tendance, avec « Winnie l’Ourson : du sang et du miel ». Malgré les critiques déplorables, le long métrage a rapporté un beau pactole, ce qui encouragea les producteurs à poursuivre dans cette voie, en développant ce « Twisted Childhood Universe ». Mais ce qui est cocasse, c’est que la qualité des films s’améliore au fur et à mesure des projets.

© Jagged Edge Productions Ltd

Les budgets des productions grandissent et le talent des cinéastes s’affûte. La suite de « Winnie l’Ourson », sans être réussie, était déjà de bien meilleure tenue que son aînée. Il en va de même pour les versions horrifiques de « Peter Pan » et « Bambi », elles ont reçu des retours mitigés, mais on est très loin de la catastrophe. Ce « Pinocchio : Unstrung » projeté en première mondiale au Brussel Fantastic Film Festival avait tout pour être une bonne surprise et pour ma part, ce fut le cas. C’est fun, gore et décomplexé, le long métrage a totalement conscience d’être une série B et n’a pas peur du ridicule. Le rythme est bien mené et on sent toute la bonne volonté de l’équipe, qui nous offre une œuvre d’une générosité folle.

© Jagged Edge Productions Ltd

Un délire trash, généreux et jouissif

On suit l’histoire de la poupée de bois Pinocchio, créée par Gepetto, dans le but de réconforter James, le petit-fils de celui-ci, qui vient de perdre son meilleur ami. Mais Pinocchio va se mettre en tête de protéger James, en éliminant tous ceux qui lui cause des ennuis… On va assister à un véritable festival d’hémoglobine. Au programme : arrachage de dents, explosage de mâchoires à coups de marteaux, électrocution dans une piscine… Bref, le film sait comment combler les amateurs de sensations fortes et il ne les déçoit pas. Le long métrage ne manque pas de second degré, son humour noir est particulièrement jouissif.

© Jagged Edge Productions Ltd

Les personnages sont plaisants à suivre, on ressent de l’empathie pour Pinocchio, malgré ses crimes. Comme on le dit, l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Le film nous offre une version « conscience maléfique » de Gimini Cricket assez savoureuse et cruelle. On prend du plaisir à le voir manipuler notre poupée de bois. Il est doublé par nul autre que le grand Robert Englund, l’interprète de Freddy Krueger dans « Les griffes de la nuit », ce qui rajoute de l’aura au personnage.

Une œuvre mise en scène avec soin et passion

Le long métrage brille également par la qualité franchement impressionnante de ses animatroniques. Un grand soin a été apporté pour rendre Pinocchio réaliste et crédible. Le générique nous livre d’ailleurs un très chouette making off, dans lequel on peut voir l’équipe donner vie à leurs personnages et mettre en scène leurs décors.

© Jagged Edge Productions Ltd

« Pinocchio : Unstrung » est une œuvre qui m’a procuré un plaisir fou. Il ne faut pas s’attendre à autre chose qu’une grosse série B régressive et trash devant laquelle on met son cerveau en off, mais elle est très efficace dans ce qu’elle nous offre. C’est rythmé, fun, gore et souvent très drôle. Le film n’a pas d’autre objectif que nous faire passer un magnifique moment et il le relève, à mon sens, haut la main. On est clairement sur la meilleure production des studios Jagged Edge.

Bande-annonce (ANGL) :


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