Si vous passez par Milan, ne manquez pas l’envoûtante exposition consacrée à Leonor Fini. Une fois de plus, le Palazzo Reale, souligne le rôle des femmes artistes dans la société et la culture.  

« Je suis Leonor Fini»

D’où vient le titre de cette exposition? L’on pourrait s’interroger, et à juste titre, quand on connait un peu la vie et la trajectoire peu commune de la vie de l’artiste. Pour les connaisseurs, la réponse est immédiate : le titre vient d’une citation que Leonor Fini s’amusait à répéter aux journalistes et admirateurs curieux  « Je suis peintre. Quand on me demande comment je fais, je réponds : je suis, tout simplement ». Mon identité artistique est libre de schémas et de définitions rigides, s’amuse t- elle, dans une vidéo qui raconte sa pensée, ses émotions et son regard sur sa création ».

L’œuvre mystérieuse de Leonor Fini © Palazzo Reale Milano

Au fil des salles très joliment mises en scène pour l’événement, on découvre la géniale polyvalence de Leonor Fini : peintures, dessins, photos, design de mode, costumes, arts décoratifs, et livres sont autant de merveilles (plus d’une centaine au total) inattendues dévoilées au public.

Artiste italo argentine énigmatique, surréaliste et rebelle

Ses œuvres transpirent la force, la puissance d’une personnalité libre de toutes conventions, profondément et fièrement rebelle. Une identité très singulière et  personnelle qui s’est imposée à elle dans un contexte essentiellement masculin. Liberté créative, identité singulière, individualisme intellectuel : le monde de Leonor Fini se savoure grâce à la variété d’œuvres exposées ici et réparties en neuf sections thématiques brillamment agencées.

L’œuvre mystérieuse de Leonor Fini © Palazzo Reale Milano

De la peinture à la mode, de la littérature au théâtre (l’une des sections présente des esquisses, des figurines et un sublime costume conçu par Leonor Fini et provenant des archives artistiques du Teatro de la Scala), on s’éblouit devant l’imagination débordante de l’artiste, fruit de son enfance peu banale, riche de rencontres les plus inattendues. On découvre l’influence inédite de ses années de formation passées à Trieste, Milan et Paris où naquit cet amour viscéral pour la peinture tel une « transcendance » sur sa propre personne.

L’œuvre mystérieuse de Leonor Fini © Palazzo Reale Milano

Comme l’écrit si bien Etienne Dumont dans l’un de ses articles récents publiés à l’occasion de cette exposition : « L’Argentine de Trieste, puis de Paris se devait d’excéder les normes, dont celles toujours (très restrictives) du bon goût. La peintresse en faisait donc des tonnes, se mettant elle-même en valeur devant les photographes. Aucun personnage n’aura été plus fabriqué qu’elle, si ce  n’est sans doute Frida Kahlo au Mexique. L’exotique créature avait bien compris que dans un monde d’hommes, la surféminité pouvait devenir une arme conquérante. Surtout auprès de ses copains surréalistes, qui formaient un redoutable « boys band ». 

Une œuvre aux thématiques récurrentes

Parmi les obsessions de l’artiste figurent le rapport au corps et ses représentations, la sexualité sous une approche intellectuelle, l’identité familiale et sa complexité, mais pas seulement. L’œuvre de Leonor Fini est empreinte d’une intense passion pour l’ésotérisme, la puissance érotique, la symbolique des rituels et les phénomènes de métamorphose. Les métamorphoses et les questionnements intimes d’une identité plurielle et mouvante, au fil des expériences de la vie.

L’œuvre mystérieuse de Leonor Fini © Palazzo Reale Milano

Au fil des émotions, des rencontres, des lectures, des voyages et de l’art s’imisçant au plus profond de « l’être » réinventé à l’infini. C’est sur cette idée que se termine l’exposition invitant le visiteur à jouer avec miroirs, inscriptions et photos dans le but d’une profonde et étonnante exploration de soi. Ceci avec pour objectif celui de « devenir »  à son tour Leonor fini et d’en donner son interprétation aux générations futures via les réseaux sociaux..  

« Io sono Leonor Fini » . Jusqu’au 22 juin 2025 au Palazzo Reale-Piazza del Duomo 12-www.palazzorealemilano.it

Les pépites de Mélusine à Milan

Où poser ses bagages ?

L’Excelsior Hôtel Gallia est parfaite pour une halte culturelle de quelques jours. Situé dans un bâtiment historique exceptionnel face à la gare centrale, il offre surtout une oasis de sérénité, loin de l’agitation de la ville, grâce à son spa unique signé Shiseido.

L’hôtel Gallia, un palace historique au cœur de Milan © photo Letizia Missir de Lusignan

Ne pas quitter la ville sans un visite du Duomo et de ses spectaculaires terrasses d’où l’on peut admirer la ville !

A quelques pas du Duomo, les mélomanes chanceux se délecteront, au sein du showroom Fazioli, situé non loin du Teatro alla Scala. Celui-ci organise régulièrement des concerts splendides, en toute intimité, et sur réservation. Via Conservatorio 17.

Les pianos Fazioli © photo Letizia Missir de Lusignan

La griffe produit des pianos d’exception à queue et de concert depuis 1981. Considérés parmi les meilleurs au monde, ces pianos sont d’une qualité rare. Paolo Fazioli, ingénieur et pianiste est l’origine de ceux-ci. La passion pour la musique et l’expertise scientifique, un grand savoir-faire artisanal, une recherche technologique continue et une sélection rigoureuse des matériaux sont les exigences nécessaires pour produire un piano Fazioli.

Des détails du sublime Dôme de Milan © photo Letizia Missir de Lusignan

Enfin, toujours dans ce cœur culturel de Milan, la Basilique romane de San Babila, datant du XIe siècle est un petit bijou incontournable. Construite sur une ancienne église paléochrétienne et dédiée à l’évêque d’Antioche du même nom, elle a été transformée au fil des siècles. Alessandro Manzoni y fut baptisé en 1785. Devant l’entrée de l’église, la colonne vétuste du « Lion de la Porte Orientale » de Giuseppe Robecco (1626) est remarquable.

Mosaïque sur la façade de la basilique San Babila © photo Letizia Missir de Lusignan

La façade de la basilique est décorée de mosaïques de toute beauté et d’un grand intérêt. Parmi celles-ci « Le Christ bénissant avec le livre des Evangiles » sur fond doré. La Basilique de San Babila représente un magnifique exemple de styles et d’époques différentes offrant aux visiteurs une halte spirituelle d’envergure, une méditation artistique et historique essentielle. Piazza San Babila.


Tabiano, culture et agritourisme en Italie