« Dandysmes », le nouvel opus de Massimiliano Mocchia di Coggiola nous emmène dans un territoire qu’il connaît bien, et pour lequel il est un guide initié. Découvrez un monde bien plus vaste que l’élégance vestimentaire teintée d’originalité.

La frivolité dans la garde-robe masculine est aussi ancienne que l’homme, affirme Massimiliano Mocchia di Coggiola, dandy lui-même, mais qui bien sûr ne se présente pas comme tel. On ne s’affirme pas dandy, ce serait vulgaire. Ce sont les autres dandys qui vous reconnaissent comme tel.

Sans titre © dessin de Massimiliano Mocchia di Coggiola

Dès les premières pages de son livre édifiant, l’auteur explique : « Ses outrances sont-elles l’expression exacte du dandysme ? Ses tics reflètent-ils fidèlement l’esprit de ces hommes qui ont voulu affirmer leur singularité ? Dès l’origine de ce mouvement, le dandysme nous interpelle lorsqu’il reflète un mode de vie différent où le paraître n’est plus frivole, mais profond et extrêmement contagieux.

Tatiana Tolstoï, une des rares femmes dandy dans un monde très masculin, une des égéries de l’auteur © dessin de Massimiliano Mocchia di Coggiola

On retrouve alors cette recherche d’une sophistication radicale, d’une nouvelle noblesse d’âme. La bourgeoisie ayant gagné son pari contre l’esprit aristocrate, la mode populaire ayant efficacement balayé de la tête des gens l’idée que l’expression de soi passe aussi à travers les vêtements, les années 1990-2000 nous ont imposé une lucrative uniformité esthétique bas-de-gamme qui a eu comme effet secondaire d’empêcher toute révolte « métaphysique » et sociale.

« Que dites-vous ? … C’est inutile ? … Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non ! Non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! » Cyrano de Bergerac

S’il est vrai que les hommes se construisent aussi à travers ce qu’ils possèdent, l’individu, perdu dans le consumérisme à outrance, a perdu l’envie de posséder des objets – et donc une âme – beaux, solides, durables et uniques.

Autoportrait © dessin de Massimiliano Mocchia di Coggiola

Le dandy contemporain est redevenu un révolté par sa simple existence : imposant au monde son mépris pour les trends, se faisant remarquer par son indépendance vestimentaire (pointe de l’iceberg de sa philosophie de vie), il constitue une réaction à cette idée trompeuse sur laquelle toute la société actuelle semble évoluer : que l’indispensable modernité soit assimilable à la laideur, au laisser-aller, à l’uniforme. Le viol de la beauté a commencé quand l’on a voulu nous faire croire que la beauté n’était qu’un fait de mode. »

© Editions le Chat Rouge

Voilà, le ton est donné. Découvrez la symphonie complète de Massimiliano Mocchia di Coggiola dans « Dandysmes », aux éditions du Chat Rouge, Paris, 2026.

« Le dandy peut aussi être lu comme le début d’un monde nouveau, ou la fin d’un vieux monde… »


Tatiana Tolstoï, une arbitre des élégances masculines chez Ardisson