Jacqueline de Ribes : la dernière Reine de Paris n’est plus
Être née un 14 juillet, et être néanmoins considérée comme l’incarnation même de la noblesse française, résume bien la personnalité très contrastée de la comtesse Jacqueline de Ribes.
Dans la nuit de ce mardi 30 décembre 2025 la divine comtesse a tiré sa révérence, un comble pour celle qui savait si bien faire ses entrées. Considérée comme une des plus belles et élégantes femmes de Paris, Jacqueline de Ribes était célèbre pour ses entrées magistrales aussi éblouissantes que des apparitions célestes. Avec l’assurance que les avantages de sa naissance (grande beauté, élégance, fortune…) pouvaient lui prodiguer, lorsqu’elle entrait dans une pièce les regards se posaient inévitablement sur elle. Elle le savait, elle le cherchait et en jouait.

Jacqueline de Ribes dans son appartement parisien © DR
Née Bonnin de la Bonninière de Beaumont, dont l’origine de la famille remonte aux croisades, elle en avait gardé l’esprit et la témérité chevaleresque. Le 30 janvier 1948, Jacqueline de Beaumont épouse le comte Edouard de Ribes, officier de la Légion d’honneur et décoré de la Croix de guerre. Tout au long de sa vie, Edouard lui apportera le calme, la sérénité et une profonde affection dont Jacqueline avait toujours manqué durant son enfance.

La comtesse de Ribes en turquoise © DR
On dit souvent que les contraires s’attirent, rien n’est plus vrai les concernant. La belle gazelle, comme la surnommait son mari, aimait le plaisir, le soleil, les voyages, l’aventure, la nouveauté ; Edouard était pour sa part un homme de devoir, l’argenterie et les livres anciens étaient ses passions premières. Détestant la chaleur, il préférait se ressourcer dans sa propriété de Saint-Just.

Jacqueline de Ribes à Milan, 1961 © Bridgeman Images
Une chose les rapprochait néanmoins fortement, le goût de recevoir. Ils accueillir le monde entier chez eux à la Bienfaisance : du duc et de la duchesse de Windsor, à Georges Pompidou, de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, à Maria Callas, de Jean d’Ormesson aux Rothschild ou aux Talhouët sans oublier les grands couturiers dont la maîtresse de maison se sentait si proche, en particulier de Yves Saint Laurent, Valentino, Hubert de Givenchy, Ralph Lauren ou encore Karl Lagerfeld pour ne citer qu’eux. La mode était pour Jacqueline, avec les bals et les fêtes costumées, une échappatoire au quotidien.

Une allure royale © DR
Elle créa sa propre maison de couture mais une robe signée Jacqueline de Ribes ne pouvait être portées que par cette dernière, raison pour laquelle cette aventure n’a pas tenu dix ans. Il faut avoir son corps svelte et sportif, mais aussi cette « attitude » à nulle autre pareille pour porter ses créations. Véritable show-woman qui a toujours eu du mal à accepter les spoliations subies par sa famille lors de la révolution, Jacqueline de Ribes dans sa contradiction naturelle était une femme à la fois terriblement actuelle et très traditionnelle.

La biographie de Jacqueline de Ribes, par Dominique Bona © Gallimard
Elle n’hésita pas dès les années 1950 à ouvrir les portes de la Bienfaisance à des couples de divorcés, à mélanger à la même table un abbé, une actrice de cinéma et un académicien, à étaler son mode de vie dans la presse people… Mais elle était également très attachée à son lignage, aux convenances, et d’une grande piété.
Sa disparition laisse un grand vide mais c’est pour rejoindre les anges qu’elle nous a quittés avec la grâce qu’on lui connaissait.
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