Ce samedi 5 novembre 2022 se tenait au Pianofabriek un talk autour de l’insurrection actuelles des femmes iraniennes. Durant cet évènement l’artiste Kimia Nasirian se faisait tatouer par l’artiste Clément Suanez, les mots : « Femme, Vie et liberté » en référence au slogan de cette rébellion.

زن

زندگی

آزادی

Un ressenti de raisons de genre et de nationalités où la mise en valeur de la pratique du tatouage interpelle la violence d’un acte infligé, voulu, au corps. « Au début de cette performance mon corps, mon visage étaient cachés puis au fur et à mesure des réactions de douleurs supportées sur deux heures, mon voile s’est affaissé. Le fait que Clément soit un homme français et poursuive l’acte violent tout en me nettoyant et prenant soin de moi impliquait une contradiction dans les gestes et les intentions. En parallèle à cette absurdité, les personnes du talk venaient au fur et à mesure nous demander de réduire le bruit. Mon sentiment est que beaucoup de femmes iraniennes ou afghanes souffrent et souhaitent porter leur voix à un monde qui leur demande comme à nous, de faire moins de bruit. L’ignorance est préférable à l’insupportable bruit de la souffrance, trop dérangeant pour poursuivre sa tranquille vie. » – Kimia Nasirian.

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Depuis l’assassinat à Téhéran de Mahsa Amini, iranienne kurde de 22 ans, ce nom et ce visage sont devenus les symboles de la révolution iranienne. En Iran, les femmes, sont facilement arrêtées et maltraitées par la police des mœurs (Gasht-e Ershad) pour des raisons de tenues vestimentaires. Aujourd’hui, les agressions ont pris une ampleur horrifique.

Ces performances symbolisent des actes essentiels de sensibilisation de notre société au travers de la culture. Cet irrémédiable prestance scénique nous inflige la douleur partagée par notre humanisme. Nous sommes ramenés à cette réalité si proche : la terreur des régimes oppressifs et le désespoir d’amour des peuples oppressés.

Le 9 novembre à 19H à la Tour à plomb Kimia Nasirian se tiendra face à nous, sinitres spectateurs du désastres, de ses grands yeux noirs sans sourciller. Rejointe dans ses performances engagées par ses consœurs du collectif آ-M-مÂ (sur Instagram : ma.collective_) les artistes iraniennes Haleh Chinikar, Khorshid Khajooyee, Atiyeh Manavipour, Ghazal Sabzi Yakhfruzani.

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Deux volets, trois dates, « Ici, un deuil » et « Nous, chaque fragment d’être » dont la seconde représentation aura lieu ce samedi 12 novembre à 19h à la Shame Gallery.

« It’s an invitation to witness all the lives that have been taken, to mourn the innocent blood that was spilled, and to explore the value of life in the face of adversity.  » informe la présentation de ce show.

À suivre, performance prochaine au Wiels.