« Laure » de Stanislas d’Alburquerque : Une passion amoureuse vécue comme une expérience sacrée
La jeune maison d’édition Huis Clos inaugure sa collection de romans avec Laure, le premier ouvrage de Stanislas d’Alburquerque, paru au mois de mai.
Ce roman explore la passion amoureuse qui unit un narrateur énigmatique à une muse dont on ne connaît que le prénom. Les lieux variés qui sont le cadre offert à cette passion l’illustrent davantage qu’une description physique des personnages qui s’aiment. C’est le sentiment qui est premier, et qui voyage de Londres au Japon, du Cap-Ferret au désert du Danakil.
La passion est à elle-même sa propre esthétique, et elle offre à la vie des amoureux, qu’elle transcende dans ses moindres aspects, une ligne directrice et obsessionnelle.

L’auteur, Stanislas d’Alburquerque © DR
La cristallisation qui naît et s’opère donne à l’écriture l’occasion d’explorer quantités de détails : de la passion vécue comme de l’écriture elle-même, qui s’interroge au miroir du sentiment. Le lecteur voyage aussi — entre Stendhal et Roland Barthes. Mais il ne s’agit pas de Fragments ici. Laure est une ample ballade englobant toute la course du tumulte amoureux, une douce promenade guidée par la délicatesse, par les faiblesses et les interrogations du narrateur.

L’auteur, Stanislas d’Alburquerque © DR
La réflexion est également à l’œuvre, et l’auteur n’hésite pas à faire preuve d’une certaine ironie vis-à-vis de ses congénères masculins, comme l’illustre ce passage, p. 87 :
« L’homme vit beaucoup plus dans le présent, les choses sont pour lui davantage acquises, il n’aime pas se remettre en cause, il évite les stress spéculatifs, ce genre d’interrogations porte préjudice à la haute opinion qu’il a de sa virilité ou au fait que lui est fiable, constant, pas fluctuant. J’ajoute qu’il est plus simple dans sa construction mentale, tellement moins sophistiquée. »

Laure, de Stanislas d’Alburquerque © Huis Clos Editions
Rien pourtant n’est gratuit, dans ce livre où tout pourtant semble innocent, et il est difficile de savoir si le vrai personnage principal du livre est le narrateur amoureux ou Laure, l’objet de son amour.
Voilà assurément un rafraîchissant roman de l’été, à lire sans modération !
Stanislas d’Alburquerque, « Laure », roman, 200 pages, 22,90 €, www.editionshuisclos.com
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