Tanguy de Thuret, portraitiste à l’ère des simulacres
Dans le cadre du Parcours d’artistes de Jette, la peinture de Tanguy de Thuret s’impose comme une expérience à part : un ralentissement du regard dans un monde saturé d’images.
Pourquoi peindre encore, s’amuse-t-il souvent à souligner, et surtout des visages, à l’ère de l’intelligence artificielle ? La question traverse l’histoire, de Walter Benjamin à Stanisław Lem. Aujourd’hui, alors que les algorithmes imitent les styles et produisent des images à l’infini, le geste du peintre pourrait sembler obsolète. Chez Tanguy de Thuret, il devient, au contraire, un acte de résistance totale et absolue.

Docteur Francine Henry © Tanguy de Thuret
Formé entre Bruxelles, Londres et New York, puis revenu à la peinture à Rome, au contact direct des maîtres tels que Caravaggio, Raphael et Michelangelo, l’artiste développe une œuvre située à la frontière des temps et des médiums. Entre cinéma et peinture, mémoire et apparition.

Juliette & Amedeo © Tanguy de Thuret
Son travail trouve sa source dans un dialogue permanent entre la tradition baroque flamande de Peter Paul Rubens ou Anthony van Dyck et la modernité plus distante de Gerhard Richter et sa Nouvelle Objectivité. De cette tension naît une peinture singulière : à la fois charnelle et distante, précise et traversée d’un flou qui, inlassablement, fascine.

Eros & Clio © Tanguy de Thuret
La lumière des silences
Chez lui, le portrait n’est jamais simple représentation. Il est le seuil. Une présence apparaît, mais ne se donne jamais totalement. Figures contemporaines, silhouettes anonymes, autoportraits : chaque toile explore ce fragile équilibre entre incarnation et disparition, réapparition.

Romain & Mélanie © Tanguy de Thuret
De Juliette & Amedeo à Élodie, jusqu’aux autoportraits réalisés à Rome dans une chaleur presque fiévreuse, la peinture devient un lieu d’expérience physique, intime, prière et rituel. Loin de toute nostalgie, Tanguy de Thuret aime rejouer les images. Le baroque habite son quotidien, le sacré se fond dans ses actes de création, et le portrait devient un espace où le temps se réinvente, l’illumine et s’illumine à l’infini.

Krieg oder Frieden © Tanguy de Thuret
À l’heure des flux continus et des identités démultipliées jusqu’aux échos de Do Androids Dream of Electric Sheep : peindre redevient un geste essentiel et radical insiste Tanguy de Thuret. Ralentir. Regarder. Faire surgir une présence et la lumière des âmes et des silences. A méditer.

Lemon Selfie © Tanguy de Thuret
Parcours d’artistes /collectif figuratif
Rue Edouard Faes, 103 Jette – le 18 et 19 avril de 11h à 17h.
Site de Tanguy de Thuret. E-mail : Tanguydethuret1@gmail.com
Ho Tzu Nyen, un artiste singapourien à Bruxelles



